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à propos de GET(res)

GET(res) est un collectif d'artistes contemporains constitué de Guillaume Montier et de Thomas Petit, qui résident et travaillent à Rouen. Plasticiens, ils se sont rencontrés sur différents projets communs, embrassant à la fois la peinture, la photographie ou la sculpture. En 1998, ils se lancent dans la réalisation vidéo. De leurs oeuvres se dégagent des prédominances tant sur le fond que sur la forme : approche du corps et du mouvement, notions de cycles ou de répétitions, importance de la mise en situation dans l'élaboration de la dynamique des oeuvres, va et vient entre le risible et l'inquiétant.
Les environnements sonores qu'ils créent sont essentiels à l'esthétique qui se dégage de leurs oeuvres.

DOSSIER DE PRESSE : Dossier GET(res)

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GET(res) selon Gérard ALEGRE
Ces deux gars là emportent avec eux toutes les histoires qu'aucune désormais ne viendra rassurer. Je les ai rencontrés dans les toilettes d'une discothèque désuète de la banlieue de Moscou, en train de se repoudrer le nez pour le nouvel an russe. Sans rien dire ils se comprenaient, c'en était fini de l'histoire comme vérité de l'aliénation, ils se comprenaient. L'histoire n'était plus l'instance du manifeste mais bien celui de l'obscur... un trou de pandore aux abymes vertigineux. Ils s'interrogeaient avec acuité et la question devenait lancinante : De quoi suis-je contemporain ? Il fallait bricoler, avec du vieux qui n'est pas encore mort et du nouveau qui n'est pas encore là, cette question reste un gouffre. Avec son rouge à lèvres, l'un d'eux traçait une barre verticale sur la glace du lavabo pour délimiter leur propos. Avant/Après, un partage des eaux, le négatif à gauche et le positif à droite. Le trou de pandore était béant, rien ne venait, tout s'y engouffrait. J'ai perdu leurs traces. Je les ai retrouvés à la Nouvelle Orléans en bonimenteurs de foire chic pour vieillards cacochymes. Ils invoquaient Shiva qui préside au chaos, l'ouragan perpétuel de destruction créatrice...leur anglais impeccable... Je ne les ai plus revus, ou peut-être oui, ils diffusaient leurs vidéos sur les petits écrans de têtes de gondole du rayon bricolage d'une grande surface du Havre, ils se cachaient sûrement pas très loin, toujours autocentrés mais hors du monde...
Gérard ALEGRE. 2010


CHIMERES (2006)
Attention ! Cette nouvelle vidéo de Guillaume Montier et Thomas Petit n’est pas anodine : il s’agit d’une véritable foire aux monstres née de la superposition de deux visages en mouvement. Dans cette galerie du grotesque et de l’horrible naissent les chimères : visages décomposés, figures recomposées, où vous croiserez des créatures futuristes et des images évocatrices de l’histoire contemporaine, des victimes et des bourreaux, des êtres malades, fugitifs, faméliques... L’humain, peut-être, à la frontière du mythe et du misérabilisme. Le rythme envoûtant, oppressant, répétitif, la progression infiniment lente de l’évènement risque bien de parachever la sensation de malaise et la beauté plastique des images de tendre un fil auquel vous vous accrocherez. Enfin là où le rythme visuel impose un état quasi hypnotique, l’environnement sonore, lui, insiste sur la multiplicité des références et propose ses propres cadences et points de vue. Si vous êtes alors tentés de fermer les yeux, bouchez-vous aussi les oreilles ! Une démonstration du monstrueux dans ce qu’il a de plus éphémère et de plus fortuit.
Nicolas MARIE « IT’S VIDEO »


BROCHURE IXième FESTIVAL ART ET DECHIRURE Mai 2006
AH OUI MAIS NON ( part one ) (2004) Voilà un binôme chorégraphique qui nous entraîne dans un monde onirique proche de celui de Méliès ou encore de celui des petites saynètes des fêtes foraines du début du XXème siècle où le spectateur pouvait, en collant son oeil à un petit orifice, se laisser raconter en quelques minutes une historiette sans queue ni tête. La mise en scène, le scénario et la composition de l’image sont ici épurés, simplifiés jusqu’aux limites, mais le résultat n’en est pas moins extrêmement construit et élaboré. Alors que le regard se concentre au départ sur la présence de deux têtes, il apparaît bien vite que les protagonistes pourraient être plus nombreux : ce n’est plus alors une chorégraphie à deux, mais à quatre, voire à huit, qui se déroule sous nos yeux. Musique et image fonctionnent sur le même principe: une boucle en engendre une autre, puis encore une autre dans une sorte de mise en abîme, alors qu’une courte séquence auditive et visuelle vient en perturber le rythme. Ce qui nous apparaissait simple au début s’avère en réalité beaucoup plus complexe. Se pose alors le problème de notre perception des choses et du monde abordé par les artistes de tous temps : comment appréhendons-nous le monde qui nous entoure? Ce que nous croyons comprendre est-il aussi bien compris que nous le croyons? De la composition même de ce travail vidéo, des regards absents, se dégage une impression dérangeante d’enfermement. Cette étrange «parade amoureuse», entre grotesque et angoisse, sorte de chorégraphie en aquarium, nous immerge alors dans une douce sensation de tristesse.
Corinne LAOUES ( conférencière, Musée des Beaux-Arts de Rouen )

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